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Notes d'écriture

 

 

J'ai terminé Y le jour du 228ème anniversaire de la mort de Mozart, le 5 décembre dernier et j'ai aussitôt envoyé le manuscrit à mon éditeur. 228 ans d'histoire familiale, c'est la distance exacte de Y, commencé le jour du décès du musicien et où entre en scène mon arrière-arrière-arrière grand-père autrichien, âgé de quatorze ans et qui réside alors au Sud de Vienne. 228 années ne s'écrivent pas (ne s'inventent pas) en peu de pages et le livre déployé double presque Vie Prolongée d'Arthur Rimbaud, le plus grand que j'avais écrit jusque là. J'avais dans l'idée un roman de la teneur de La Guerre et la Paix de Tolstoï. En réalité, je n'ai atteint qu'un tiers. Pour autant, alors que je m'apprête à retravailler le premier jet avec les deux éditeurs de confiance qui m'accompagnent depuis des années, se pose la question de l'opportunité d'une cure d'amaigrissement de ce premier jet de Y.
En effet, d'un côté, la tendance d'une lecture au long court n'est plus de mise : qui peut se prévaloir de lire " vraiment " en entier Hugo, Tolstoï ou Balzac ? Le risque existe ainsi de délaisser des pages forcément éloignées d'une intrigue qui se déploie sur plus de deux siècles. D'un autre côté, la coquetterie qui me laissait imaginer un lecteur s'astreindre à être emporté par un souffle ininterrompu genre Guerre et paix ou Les Misérables tient du leurre et de la prétention la plus inouïe. Donc relire, traquer les longueurs qui ne doivent pas manquer lorsqu'on s'est attelé pendant seize mois à un travail régulier et conséquent, resserrer le texte autour du récit, des personnages principaux, se poser la question des anecdotes inventées, de leur utilité dans le texte, bref, cure d'amaigrissement du texte.
Plus délicat en revanche reste la méthode à utiliser. Comment en effet détecter dans deux cents ans d'histoire ce qui est essentiel de ce qui ne l'est pas ? La fiction et l'invention ne s'oppose pas aux anecdotes historiques que j'ai patiemment retracées (et avec difficulté tant l'histoire de cette région est complexe, tant je m'aperçois qu'en France cette Europe est méconnue : il m'aura fallu explorer des documents en allemand, en anglais, en serbo-croate). Dans cette imbrication, je dois repérer pour chaque historiette, rebondissement, souvenir raconté, voire vécu, ce qui est important, de ce qui est délayé dans l'écriture. En gros, c'est un tableau à quatre entrées que je dois résoudre (à l'exemple du tableau de gestion du temps qui m'a souvent servi dans ma vie professionnelle sur le partage des priorités entre ce qui est important et ce qui est urgent). Cela donnerait quelque chose comme cela :

 

Important ++

Important --

Délayé ++

A garder (voir pour faire plus court)

A retirer (anecdotique)

Délayé --

A garder (à compléter si besoin)

A retirer (superflu)

La notion d'important n'est pas facile à identifier. Bien sûr, dans mon histoire globale, certains évènements ne peuvent être passés sous silence. Ce sont souvent des faits vécus ou racontés. Ce sont parfois des vérités historiques dénichées, des dates, des documents importants, irréfutables. Mais ce peut-être aussi des histoires inventées (comment ne pas imaginer par exemple ce qui s'est déroulé le jour de la mort de Mozart).
La notion de " délayé " fait beaucoup plus appel au métier de l'écriture, à la manière de raconter, parfois de s'entourer de précautions inutiles, voire de certaines allégories pour masquer une pudeur ou une retenue pour éviter de se mettre en scène. Le moyen que j'ai trouvé à la relecture a été de re-chapitrer le texte par " historiette ", anecdote, évènement ou période racontée. Cette multiplication des chapitres présente l'avantage, d'un coté, d'être plus digeste pour le lecteur, qui " zappe " en quelque sorte d'une histoire à l'autre. Mais en plus, chaque narration nouvelle est mieux identifiée et, avec, une trop grande dilution : pour faire simple, chaque fait (chapitre) dépassant trois pages (ou plutôt 8000 caractères, soit 8 pages classiques de roman) doit être probablement remanié. Au boulot !
(13/01/2020)

 

 

Côté écriture, 2019 avait commencé avec la parution de Il se pourrait qu'un jour je disparaisse sans trace. J'attendais peu de cette parution en janvier. Les précédentes expériences m'ont montré qu'il ne se passait pas grand-chose lors de cette rentrée littéraire. Mais on ne peut pas toujours publier en septembre, on a l'air de courir après les prix, ce qui, en ce qui me concerne, n'a jamais été une priorité. Donc, Sans trace a été conforme à ce que j'attendais, bien sûr, il y a eu de bons échos dans quelques journaux nationaux (Le Monde, l'Huma, le Figaro, le Magazine Littéraire) et sur quelques blogs ou sites dont la présence me ravit autant. En revanche, pas de radio (télé, n'en parlons pas…), peu d'invitation de libraires, sauf celles que j'ai suscitées et la rencontre inattendue et bien sympathique de Liège (note d'écriture du 26/11/2019). La surprise est cependant venue à travers l'écho positif, élogieux et fervent de lecteurs qui ont véritablement accroché à mon histoire (enfin mes trois histoires entremêlées).
Mais enfin, surtout, 2019 a été dévolu à l'écriture de Y, terminé en décembre et dont la profusion m'a imposé un rythme hebdomadaire minimum d'un équivalent-roman de vingt pages minimum. Objectif atteint : en 2019, c'est plus de mille pages qui ont été rédigées. A noter que pour m'aider j'en ai rendu compte chaque semaine par SMS à Anne et Pierrot : merci pour vos encouragements (et dire combien je suis fier de participer à l'aventure de l'aiRNu avec vous tous (j'en parlerai très prochainement).
J'avais compté en 2019 sur une actualité littéraire plus fournie et le remplissage plus dense de mon agenda un peu plus relâché les années précédentes à cause de la thèse en 2017 et d'une année blanche au point de vue parution en 2018. L'année a surtout été marquée par mon retour aux ateliers d'écriture, Argenteuil d'abord, puis Charleville, avant celui proposé dans ma ville pour accompagner les jeunes migrants mineurs qui y débarquent, ce qui forme vraiment la bonne surprise de cette année en terme d'implication, de suivi collectif et d'enjeux. Du coup, 2020 va se poursuivre sur la même trajectoire, le retour marqué des ateliers avec un grand enthousiasme : celui de ma ville va se terminer en mars, mais d'autres vont se poursuivre, celui au Lycée Chanzy de Charleville avec la poésie en ligne de mire et une restitution pour le printemps des poètes, et un tout nouveau qui va m'emmener dans le département voisin de la Meuse et dont la forme, les objectifs et les participants me seront précisés ce mois-ci. A noter aussi que le travail sur Instants cuisine avec l'ami peintre Delatour, va lui aussi se doubler d'interventions au profit de la municipalité de Carignan : cela aussi va se préciser dans les prochaines semaines. Si j'ajoute à cela ma participation aux rencontres d'auteurs organisées par Interbibly à Epernay, Stenay et Reims prochainement, je m'aperçois que l'agenda du premier trimestre 2020 est déjà aussi fourni que l'ensemble de l'année 2019. Tout cela sera entremêlé avec les corrections de Y qui seront à la mesure de sa profusion avant sa parution en septembre cette fois-ci. D'autres news sont attendues pour 2020, mais il est trop tôt pour les évoquer.
(06/01/2019)