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depuis septembre 2000
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Notes d'écriture
2025 a vu la parution de Père patrie. Ça ma soulagé de renouer ainsi avec la
publication et avec ma maison dédition. Fayard était dans la tourmente depuis
plusieurs mois et il a fallu attendre que cela se tasse. Grand plaisir donc à retrouver
les personnes que je côtoie depuis plus de vingt ans pour certaines. Grand plaisir
également à retrouver le fonctionnement efficace de « la
librairie Arthème Fayard » qui existe depuis 168 ans.
Concernant Père patrie, cependant, les changements récents et la mainmise de
Bolloré mont embarqué vers des médias auxquels je nadhère pas et quelques
gesticulations littéraires mont laissé pantois (le prix Edgar Faure). A part cela, il ne sest pas passé
grand-chose, aucune participation à un quelconque salon dautomne et les quelques
rendez-vous autour du livre sont surtout dus à mes relations, comme la rencontre prévue
vendredi 20 mars prochain, à la médiathèque Jean Ferrat dArgelès-sur-Mer.
Ceci dit, dune manière générale, le ressenti des lecteurs autour de Père patrie est plutôt bon.
Jai déjà émis lhypothèse dune suite, quelques amis lattendent,
mais plus que cette injonction, cest lidée de continuer à faire vivre les
personnages (que je laisse en plan brutalement dans Père patrie) qui ma
taraudé. Jai déjà écrit mollement quelques pages. Je connais la trame de
lhistoire que je pourrais écrire, Jai même le titre, lépigraphe. Tout
cela, je lai lentement retourné dans ma tête, ça me poursuit parfois la nuit ou
dans mes rêveries. Cest plutôt bon signe.
La suite donc, pourrait (devrait) être écrite plus gaillardement. Il faudrait que je
my attelle plus sérieusement et plus régulièrement surtout. Il faut désormais
que jélimine les dernières réticences, notamment celles liées à la réception
de Père patrie, qui somme toute, sest bien passée et qui est derrière moi
maintenant. Il faut surtout que je bâtisse une suite que je puisse justifier par rapport
au roman quelle continuera en quelque sorte. Je my attelle, mais cest
une affaire plus complexe que je ne lavais pensé au départ. Dabord, il y a
lidée quune suite constitue un roman du roman précédent, une mise en abyme
de la fiction, en quelque sorte, et, quand comme moi on a été baigné dans les
injonctions du Nouveau roman, ce pas supplémentaire vers une
« fiction augmentée » nest pas naturel (jenvie Pierre
Lemaître, passé maître dans lart de créer de véritable sagas). Mais
lenjeu en vaut la peine et je me range désormais sans fausse honte dans la
catégorie des romanciers.
Il y a aussi dans la perspective 2026 un évènement littéraire qui devrait aboutir, qui
ne me concerne nullement, mais dont la fierté que jéprouve à lavoir induit,
me pousse moi-aussi à créer et à écrire. Espérons que cet aiguillon, ainsi que toutes
les réserves qui sont en train de se lever, contribueront à me faire rejoindre ma table
de travail plus volontiers et plus fréquemment les prochains mois.
(16/01/2025)
Lannée 2025 a été dense côté rencontres, ateliers et
animations diverses : 31 interventions recensées dans lagenda, plusieurs
chaque mois, sauf en août. Mais ce nest pas la parution de Père patrie chez
Fayard pour la rentrée de septembre qui aura monopolisé les programmations. Ma vie
littéraire se situe désormais ailleurs.
Je termine ainsi lannée avec trois rendez-vous en décembre, une rencontre avec
Ismaël Keita dans un supermarché Leclerc, la restitution du Festival de lécrit
pour le département de la Meuse et ma participation dans un lycée troyen pour une
« nuit de lécriture ». Interventions provinciales donc, au plus près
des gens, pas forcément avec de grands lecteurs, ce qui nexclut pas la richesse de
ses rencontres.
Les clients du supermarché qui déambulent dans la préparation des fêtes ce samedi 6
décembre sont ainsi surpris de remarquer au rayon livres deux auteurs, Ismaël Keita et
moi, annoncés à grand renfort daffiches. Le supermarché à bien fait les choses
et Ismaël, qui rencontre un phénoménal succès local (voir en Notes décriture du
21/11/2025), a déjà quasiment épuisé sa réserve de livres avant même ce rendez-vous.
Pour ma part, je propose Père patrie (qui sera la deuxième présentation dans ma
ville avec celle de septembre à la librairie Larcelet). Même si les clients ont en tête
lachat des chocolats de Noël, il est bon toutefois que la littérature soit
présente et les quelques livres que jai dédicacés et déposés au fond des
caddies ont rempli leur office.
Dix jours plus tard, cest dans la Meuse, à Verdun, que se déroule la cinquième et
dernière séance de la restitution du Festival de lécrit, une par département qui
participe à cette grandiose entreprise. Comme pour les autres rencontres, le public est
venu nombreux et, avant la rencontre plénière et la remise des prix du festival
laprès-midi (avec la participation désormais actée de Céline et Vincent Bardin
qui mettent en musique et en voix les lectures des textes lauréats), jai animé
deux mini-séances dateliers décriture le matin, avec une dizaine de
personnes à chaque fois. Cest toujours un grand moment dimprovisation (ce qui
n'est pas pour me déplaire : la littérature en ressort toujours grandie dans ces
contraintes) et cette dernière séance na pas échappé à la règle : une
petite salle métait réservée, avec onze chaises, pas une de plus, et aucune
table, excepté un bureau qui, je suppose, était pour moi. Heureusement, il y avait un
tableau. Limprovisation sest naturellement tournée vers la construction
collective dun poème de fin dannée. Pour cela, jai honteusement pillé
dans les incipits qui mavaient été proposés pour la Nuit de
lécriture.
Car celle-ci a eu lieu le lendemain soir à Troyes. Lobscurité tombant vite en
hiver, cest à partir de 18 heures que nous avons accueilli avec Marie, la
professeure de français, une dizaines délèves au CDI du lycée Chrestien de
Troyes. Javais participé, toujours avec Marie, deux ans auparavant à une
« nuit » similaire (note
dÉtonnements du 08/12/2023). Lorganisation et mon rôle étaient les
mêmes. Après une brève présentation du métier décrivain, jai aidé les
lycéens à construire le début dune petite nouvelle, dont la première phrase
était lincipit dun roman en lien avec la fin de lannée.
Nous avions ainsi quatre exemples : « Cétait un froid affreux ; il
neigeait et la nuit commençait à se faire. Le dernier soir de lannée, la veille
du jour de lAn. », Hans Christian Andersen La Petite Fille aux
allumettes ; « On était en pleine nuit. Il était environ deux heures du
matin. Il y avait dans la cour une seule petite fenêtre éclairée, et c'était celle de
la cuisine... », Victor Hugo Les Misérables (Partie 2, Livre 5,
Chapitre 1 : La petite Cosette) ; « Noël ne sera pas Noël sans
cadeaux, grogna Jo, les mains dans ses poches. », Louisa May Alcott Les
Quatre Filles du docteur March ; « Le Réveillon ! le Réveillon ! Ah ! mais
non, je ne réveillonnerai pas !», Maupassant Nuit de Noël.
Chaque élève a ainsi choisi la phrase qui linspirait le plus et nous avons ensuite
gravité dun participant à lautre pour aider à faire émerger les idées.
Belle expérience une fois de plus. Jai même offert lun de mes livres, Yougoslave,
à une lycéenne pour son grand-père, originaire de Croatie.
Ainsi se termine les rencontres 2025 avec comme point commun entre toutes, celui
davoir côtoyé des personnes de tous âges, de toutes conditions et de toutes
origines, bref une humanité belle, simple et réelle, avec des livres comme prétextes.
Encore faut-il comme préalable à ces rencontres que la littérature si intimidante pour
tous, consente à descendre du piédestal où nous lavons abusivement hissée.
(09/01/2026)
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