depuis septembre 2000

retour accueil


Actualités

Agenda

Etonnements

Notes d'écriture

Notes de lecture

Webcam

Bio

Biblio

La Réserve, 

Central

Composants

Paysage et portrait en pied-de-poule

1937 Paris - Guernica
    
CV roman

Bestiaire domestique

Retour aux mots sauvages

Ils désertent

Faux nègres

Journal de la Canicule

Vie prolongée d’Arthur
Rimbaud

Sans trace


Littérature 
du travail

pages spéciales


Archives

 

 

Notes de lecture

 

L'acacia, de Claude Simon, Pléiade, volume II.
Je n'avais jamais vraiment lu L'acacia. Je l'avais plutôt survolé. Commencé avant les fêtes, je me suis astreint à une lecture régulière, et, au fur et à mesure des pages, mon engouement, le plaisir de me plonger dans ce récit n'a fait que croître. Le plaisir du texte, donc, au sens de Roland Barthes est une chose difficile à analyser, à en être de même conscient. Le thème pourtant de ce roman qui parait en 1989 (l'auteur est alors âgé de 76 ans, c'est le premier roman d'envergure qu'il publie 4 ans après avoir reçu le Nobel de littérature) est déjà connu, expérimenté depuis La Route des Flandres paru en 1960, où l'auteur raconte la manière dont le colonel qui menait la troupe de chasseurs à cheval dont Claude Simon faisait partie avait été tué en 1940. Cet épisode est à nouveau présent, ainsi que le fameux portrait d'un notable familial en perruque qui, paraît-il, s'est suicidé autrefois. On retrouve aussi les deux tantes de Claude Simon qui ont veillé sur lui. C'est ainsi son histoire familiale qui s'égrène : son père, mort à la guerre de 1914, la manière dont son épouse à tenté de retrouver sa tombe, mais aussi la rencontre du couple dans les contrées coloniales (Claude Simon est né à Tananarive), l'ensemble de ces éclats familiaux semblent apparaître en désordre, mais tissent au fur et à mesure un récit maîtrisé où justement les aléas de la chronologie apparaissent secondaires face à l'histoire. A noter que le propre récit de l'auteur est rédigé à la troisième personne, au même titre que les autres protagonistes. Cette manière d'envisager un récit familial est originale et réussie. Ce n'est pas celle que j'ai choisie pour ma propre saga, où j'avance plutôt démasqué sans j'espère toutefois m'appesantir.
(13/01/2020)

 

Les idéaux, d'Aurélie Filippetti, Fayard.
D'avoir réactualisé il y a peu, en version audio sur L'aiR Nu, ma note de lecture du premier roman d'Aurélie Filippetti, m'a donné envie de lire son dernier opus paru en septembre dernier chez Fayard (nous avons la même éditrice). Retour sur le parcours de romancière de cette ex-ministre de la culture de François Hollande : Les derniers jours de la classe ouvrière, donc, premier livre en 2003, fort, puissant et hommage à sa famille italienne et toutes celles venues s'installer en Lorraine pour y gonfler la classe ouvrière. Puis Un homme dans la poche, paru en 2006 (Note de lecture du 21/03/2007), cette histoire d'amour m'avait peu convaincu, j'avais conclu par " L'homme dans la poche, c'est met ton mouchoir là-dessus et oublie-le". Avec Les idéaux, Aurélie Filippetti réalise le mix parfait entre travail, engagement et amour. Si la passion, somme toute assez sage et discrète, entre deux députés de bords différents retiens peu l'attention, en revanche, le parcours aisément reconnaissable de l'auteure en politique est à la fois édifiant sur le décalage qui existe entre nos édiles et le petit peuple, mais aussi rassurant quant à la personnalité d'Aurélie Filippetti qui montre qu'elle n'a aucunement renoncé à ses " idéaux " initiaux. Ouf, on ressort rassuré, et doublement : on retrouve dans les idéaux les qualités d'écriture qui avaient présidé à son premier roman. En même temps, ce récit qui raconte l'aventure politique romancée de l'écrivaine est un beau plaidoyer pour ceux qui s'engagent en politique avec l'idée de servir son propre pays.
(06/01/2019)