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Étonnements

 

901 : voici les kilomètres cumulés en 2025 à pied, à vélo, dehors ou sur tapis de course, bref, tout ce qui est à traction animale, l’animal étant mezigue. Cela représente Paris-Nice par la nationale 7, chantée par Charles Trenet ou Lille-Toulouse, magnifiée par Nougaro et ville dans laquelle j’ai fêté mes 20 ans.
Pour le vélo, on repassera : juste une seule sortie de 48 kilomètres le long d’un chemin de halage (mais sur un vélo de course !).
La marche à pied représente 478 km, souvent dans ma ville ou à proximité de Nancy, mais aussi avec d’autres randonnées plus exotiques ou sportives, les Cinque Terre italienne en avril, le Panama et San Andres en juillet, ou, très récemment, Marseille et San Remo.
J’aurais aussi accompli 381 km de footing, deux fois moins qu’en 2024 (mais j’avais couru les 20 km de Bruxelles et je m’étais entrainé pour). Ceci dit, ça représente tout de même une moyenne de 7,4 km par semaine, ce qui est pile poil la distance de mon parcours favori. Mon emploi du temps a parfois interrompu jusqu’à un mois la régularité que j’essaie d’avoir en courant 2 à 3 fois par semaine. Le mauvais temps (ou la canicule) a également contribué à quelques arrêts, même si j’ai quelquefois remplacé l’extérieur par des courses bien au chaud sur mon tapis. J’ai tenté, lorsque j’étais en forme, d’augmenter mes distances jusqu’à dépasser 10 km, histoire de renouer avec mes trajets fétiches, du temps où je courais 3 fois plus avec des semi-marathons en moins de deux heures et des trails de quarante kilomètres.
Mais ça date de dix ans et, à cette époque, j’étais déjà dans la deuxième moitié de ma cinquantaine. L’âge d’être grand-père s’est rajouté depuis. Ceci dit, j’éprouve toujours le même plaisir à chausser mes remarquables Fivefingers (changées il y a un an), toujours aucune douleur musculaire ou articulaire et un souffle qui résiste bien ; l’allure tranquille que j’adopte me convient parfaitement. J’éprouve une fierté physique à continuer de courir ainsi, tandis que la participation de ma catégorie d’âge (ou plus vieux) se raréfie dans les compétitions : seulement 20 participants sur 1000 aux 10 km de ma ville en 2025.
Je n’aime pas prendre de bonnes résolutions pour l’an nouveau, mais concernant la course, j’aimerais faire en sorte que le bilan de l’année prochaine soit du même acabit.
(16/01/2025)

 

L’écrivain Armand Gautron s’en est allé le 18 décembre. La nouvelle s’est répandue dans le petit landernau local, car Armand était très connu (il aurait protesté : « Je ne suis plus écrivain local, je suis interdépartemental, s’amusait-il à dire, je vais jusqu’à Chalons en Champagne »). Derechef, la médiathèque de ma ville a concocté une exposition en hommage. Volontiers blagueur, d’un humour à toute épreuve, c’est d’ailleurs par l’intermédiaire de son épouse qu’il a annoncé sa mort sur Facebook : « dernier chapitre et sans relecture ».
Il m’avait fait l’honneur de m’inviter à la fête du livre d’Aulnay-l’Aître le 18 mai dernier où il avait fêté ses 30 ans d’écriture (note d’écriture du 30/05/2025). Auteur prolifique, ses polars avec le détective Antoine Landrini étaient attendus par ses nombreux fans. « Monsieur Armand », comme on disait, était une entreprise éditoriale à lui tout seul. Loin du petit monde des lettres conventionnel, il publiait la plupart de ses ouvrages en autonomie, assurant lui-même ses parutions en poche !
Il s’en sortait plutôt bien, parvenait à en vivre depuis 30 ans. Il avait même été finaliste du prix du Quai des orfèvres. Il faisait sa propre promo sur les foires et les fêtes du livre et c’était un bonheur de discuter avec lui le samedi au marché de ma ville où il déployait son étal mobile (une remorque aménagée), mêlant sa culture livresque au milieu des légumes et des fromages. C’est d’ailleurs ainsi que la littérature devrait se vendre (comme l’écrivait Gabriel Garcia Marquez dans Cent ans de solitude : « Le monde aura fini de s'emmerder le jour où les hommes voyageront en première classe et la littérature dans le fourgon à bagages »).
Infatigable travailleur et génial touche à tout (chanteur et compositeur de rock, il a fondé la scène de l’Orange Bleue à Vitry), je l’avais invité à ma dernière rencontre le 6 décembre dernier. Il avait décliné ma proposition car il était aussi en représentation à Reims. Il voyageait en effet beaucoup et était très connu, malgré sa modestie : souvenir de l’avoir retrouvé par hasard dans un salon du livre dans l’Indre en 2015. Dans son dernier message, quinze jours avant sa disparition, il me souhaitait bonne chance et ses derniers mots prennent un sens particulier désormais.
Évoquant le cancer qu’il avait combattu, il disait : « J’ai gratté un peu sur la date de péremption ». La Camarde ne lui a jamais pardonné, comme le chantait Brassens. D’ailleurs, en évoquant Georges, c’est à son ami René Fallet que je pense. Armand lui ressemblait sur bien des points : même voix rauque de fumeur, même sens de l’hospitalité et de la fête, même goût pour l’anarchie et la décontraction ironique, même passion pour l’écriture. Tout de même, Armand, tu n’étais pas obligé de suivre les exemples des tontons Fallet et Brassens et de casser ta pipe à un âge aussi jeune.
(09/01/2026)